Nîmes, 2010
Nîmes, 2010

Actualités

Publications :

Cantata per Maria Magdalena - Cantate pour Marie Madeleine, Pau, La Pantiera, 2017, 157 p.

e lo vei la Magdalena òme despulhat dei pelhas umanas dau mond e de la tèrra

liurat derisòri a la preséncia ufanosa de la gent afogada per lei crits e lei brams

drech sensa mai dire sensa mai bolegar la tèsta clinada vèrs la poussa e lei pèiras

que sei pès i son encara estacats sei mans jonchas sota la jarga de lana rufeta

que li an pausada sus leis espatlas e que tarda pas puei de quitar de desvelar

l’aparéncia de la pèu alisada de son còrs blanc uman per pauc de temps encara

la jarga tombada a sei pès la Crotz cargada sus seis espatlas a mand de s’afondrar

lei mans de la Magdalena assajan de lo tocar de lo tornar a la tèrra viva

mai seis uelhs son ja esperduts ai confinhs d’un reiaume qu’es pasmens sieu

lei mans de la Magdalena levadas paumes nuds a la suplica d’un cèu vuege

 

et Marie Madeleine l’aperçoit homme dépouillé des haillons du monde et de la terre

livré dérisoire à la présence féroce des gens attisés par les cris et les hurlements

debout sans rien dire sans même bouger la tête inclinée vers la poussière et les pierres

ses pieds sont encore attachés ses mains jointes sous la cape de laine grossière

qu’ils ont posée sur ses épaules et il la laisse ensuite tomber afin de dévoiler

l’apparence de la peau lisse de son corps blanc humain pour peu de temps encore

la cape tombée à ses pieds la Croix chargée sur ses épaules sur le point de s’effondrer

et les mains de Marie Madeleine essaient de le toucher de le faire revenir sur la terre saine

mais ses yeux sont déjà éperdus aux confins d’un royaume qui est pourtant le sien

les mains de Marie Madeleine dressées paumes nues supplique adressée à un ciel vide

Frédéric Mistral, l'ombre et l'écho

L’œuvre de Frédéric Mistral est encore trop peu connue. Loin des clichés et des lectures simplistes qui ont fait de ce poète un « chantre de la Provence », cet ouvrage entend cerner les fondements psychiques d’une œuvre et analyser les traces poétiques déposées comme autant de limons dans l’ensemble du corpus mistralien. L’insertion de Mistral dans un vaste mouvement littéraire est également étudiée, sous l’angle des réseaux psychiques et textuels que détermine un « amont » de l’écriture, réseaux comparés à ceux que l’on observe dans les œuvres de Rimbaud, Poe, Mallarmé, Valéry, Barrès, Proust, Faulkner et Giono. Ces traces définissent une élaboration littéraire, tout en puisant dans ces réseaux une nécessaire matière thématique et métaphorique.

 

TABLE DES MATIÈRES

 

Abréviations

Introduction

première partie

OMBRES DU POÈME

 

1. La « Sainte famille »

2. Du conflit psychique à la géopoétique littéraire

3. La Figure « maestrale » : emportements et gauchissements de la critique

4. Domna et figure romantique : la lecture troubadouresque des félibres

5. La Coumunioun di Sant : élévation d’une imago féminine

6. L'Absente. Effacements et destins : « L'Assemblado » de Mirèio

7. La  Mort : une « engano » nécessaire

 

deuxième partie

ÉCHOS DU TEMPS

 

1. Novalis, Rimbaud : « ce que le poète ne dit pas à propos de fleurs »

2. Edgar Allan Poe: The kingdom and the sepulchre by the sea

3. Stéphane Mallarmé : images lancinantes de la mort

4. Maurice Barrès : l’ombre du jardin sur la terre

5. Marcel Proust : la perte et « la vraie vie »

6. Paul Valéry : « ce que le poète signifie en se noyant »

7. Frédéric Mistral et William Faulkner : deux écrivains de « La Cause vaincue »

8. Les Provences de Mistral et Giono : immobilité et errance

 

Bibliographie

Index

 

 

"Etudes et textes occitans" (direction Jean-François Courouau et Daniel Lacroix), n°3, Editions Classiques Garnier, 2016, 393 pages.

https://www.classiques-garnier.com/

 

La Revue Littéraire

Notes critiques :

Julia Kerninon, Une activité respectable, éd. du Rouergue.

Jacques Réda, Tiers livre des reconnaissances, éd. Fata Morgana.

Cyril Huot, Le Rire triomphant des perdants (Journal de guerre), éd. Tinbad.

Salah Stétié, L'Eté du grand nuage, éd. Fata Morgana.

 

 

 

Cantate pour Marie Madeleine, p. 54-61

 

À propos d'André du Bouchet, de Jacques Darras et de James Sacré, p. 129-133

 

Notes critiques:

Cees Nooteboom, J'avais bien mille vies et je n'en ai pris qu'une, éd. Actes Sud

Hélène Merlin-Kajman, Lire dans la gueule du loup, éd. Gallimard.

Frédéric Jacques Temple, Une longue vague porteuse, éd. Actes Sud

Jean-Paul Goux, L'ombre s'allonge, éd. Actes Sud

 

De l'Enseignement de la littérature à l'Université, p. 132-144.

 

Note critique : René Char / Paul Celan, Correspondance 1954-1968, Gallimard,    (p. 211-215).